President`s Message french
Maragret Talbot

L’année 2010 a connu un nombre sans précédent de conférences, programmes, stratégies et publications sur l’utilisation du sport en matière de développement. S`il est bon de constater une telle reconnaissance généralisée quant au potentiel du sport dans la contribution positive au développement des individus et de la société, il est parfois délicat d’identifier des objectifs sérieux, tout autant que l’évidence d’une évaluation rigoureuse de programmes et de projets en la matière. Mais comme la croyance quasi universelle que « le sport permet de tenir les jeunes loin de la rue », c`est-à-dire de les maintenir hors des problèmes, il semble que l’on croit également, de manière très répandue, que les investissements dans le sport produisent des bénéfices plus grands aux investisseurs et à leurs sociétés, que le plaisir immédiat et les accomplissements qu’il procure en le pratiquant. Le rapport du CABOS (Secrétariat du Commonwealth 2008) le définit ainsi: “le Sport pour le développement se réfère à l`utilisation du sport en tant qu’outil pour améliorer la qualité de vie des gens, augmenter leur possibilités de choisir ce qu’ils veulent et faire une différence au sein des communautés.”
Aussi, l’utilisation du sport est-elle appliquée dans toutes sorte de situations. Le séminaire du CIEPSS, sur la place du sport en matière de secours après une catastrophe, a été soutenu par la Croix-Rouge Internationale et a profité de conférences et ateliers de beaucoup de personnalités et d’organisations qui possédaient l`expérience du terrain dans le traitement des conséquences après un tremblement de terre, un tsunami, des inondations ou un conflit. Nombreux sont les excellents exemples de programmes qui aident enfants et adultes à guérir de traumatismes, généralement dus à la guerre. De plus en plus, le sport, soutenu financièrement par des personnes morales et des clubs sportifs professionnels qui se soucient d’aide sociale envers leurs communautés, est invoqué pour traiter des problèmes liés à la vie urbaine, telles que la délinquance juvénile, la toxicomanie et le déclin de la vie de quartiers. De nombreux athlètes internationaux dirigent des programmes similaires ou y participent, dans leur propre pays ou dans leur pays d’adoption.
Le "Beyond Sport Summit", tenu à Chicago en Septembre 2010, ainsi que le Forum sur le sport pour le développement et la paix, qui se tiendra à Monaco en Décembre 2010, ont tous deux mis l’accent sur les objectifs du millénaire des Nations Unies qui touchent au développement et à la paix. Le CIEPSS est heureux d’avoir pu échanger avec le Comité International Olympique de même qu’avec l’Office des Nations Unies du sport pour le développement et la paix, sur la façon dont ses membres peuvent contribuer au mouvement international émergeant en matière de sport pour le développement. En décembre, je participerai à la discussion sur l’éducation, lors du forum du CIO, qui traitera de l’utilisation du sport dans le domaine de l’augmentation de débouchés pour les jeunes.
Jusqu’à présent, cependant, la recherche scientifique sur la mesure d`évaluation et d`impact du sport en tant que développement n`est pas très avancée. Une grande partie des contrôles et de l`évaluation repose sur des études de cas, et la capacité de comparaison entre les différents projets et programmes en cours est limitée. C’est pourquoi, l’échange sur les pratiques adaptées, en la matière, se trouve également restreint.
Il est intéressant de constater que tant de gouvernements et d’ONG ont consacré des budgets importants pour des programmes de sport dans le cadre d’aide au développement. Ceci en dépit du manque de preuves tangibles de leur efficacité, et alors qu’il est si difficile d’assurer les investissements dans les programmes d`activité physique pour la santé. Dans le dernier cas, les agences gouvernementales semblent toujours réclamer ardemment une preuve scientifique de l’efficacité immédiate de ces programmes. Cela me pose les questions suivantes, pourquoi y a-t-il une double norme de la part des gouvernements? Et de quelle manière la communauté scientifique pourrait-elle répondre à ces demandes?
Le CIEPSS est au courant de ces questionnements et soutient plusieurs projets innovants d’études universitaires de troisième cycle sur le sport en tant que développement. Ces projets, complétés par des recherches dans le domaine, ont déjà porté leurs fruits et amené des suggestions pour une discussion sur le sujet lors de la Convention Scientifique d’Education Physique et de Médecine du Sport (ISCEMIS) en 2012. Il paraît opportun à présent que le mouvement international du sport en tant qu’aide au développement, ainsi que les chercheurs et scientifiques qui élaborent des programmes d’études et des mesures en matière d’impact dans le domaine, se mettent à collaborer de manière étroite, afin de former une communauté politique internationale efficace pour le sport en tant que développement. Au CIEPSS, nous aimerions connaître tous les nouveaux programmes et toutes les nouvelles recherches en matière de sport comme développement, afin que nous puissions étudier les moyens de fournir des réseaux efficaces.

Professor Dr Margaret Talbot, PhD OBE FRSA
President ICSSPE
http://www.icsspe.org/